Panel "Art as a mobilising force for the Ocean and Human Rights" dans le cadre de l’UNOC 3

17 juin 2025

Knowing & Acting a organisé un panel dédié aux droits humains et à l’océan ("L’art comme force mobilisatrice pour l’océan et les droits humains"), en coopération avec le Fonds Metis Arts et Développement de l’Agence française de développement - AFD, au sein de la zone verte du programme officiel de l’UNOC 3, zone ouverte au public (appelée à Nice La Baleine). Il s’agissait de sensibiliser le public à la réalité que l’on évoque quand on parle de droits humains et d’océan et de mettre en avant la force mobilisatrice de l’art pour avoir un impact.

 

Pour Knowing & Acting, il est essentiel de ne pas tenir une conférence de l’ONU sur l’océan sans accorder aussi une préoccupation centrale au respect des droits des êtres humains qui vivent de l’océan. Il fallait profiter de l’UNOC 3 pour rendre évident au public ce lien intrinsèque entre protection de l’océan, utilisation durable de l’océan, ODD 14 et respect des droits de ceux qui vivent de et autour de l’océan.

 

Les organisateurs de la programmation à La Baleine et le ministère français de la Culture ont encouragé les synergies entre les évènements proposés à la Baleine, ce qui a poussé le Fonds Metis Arts et Développement de l’AFD et la plate-forme Ocean and Human Rights à organiser un événement conjoint.

Le panel a réuni des membres indiens et nigérians de la plate-forme internationale Ocean and Human rights platform, Johnson Jument et Leno Ignatius pour BlueGreen Coastal Resources, Nnimmo Bassey, son directeur pour la fondation HOMEF, le chef de projet du Fonds Metis pour les Arts et le Développement, Tanguy Abittan, Madame Sithabilé Mlotshwa, une des artistes soutenues par le fonds Metis ainsi que Peter Haugan, océanographe norvégien, un des trois experts de référence (Lead expert) du panel de haut niveau pour une économie durable de l’océan, ancien président de la commission océanographique intergouvernementale (IOC) de l’UNESCO.

 

Nathalie Komatitsch, présidente de Knowing & Acting, animait la discussion et a présenté l’Ocean and Human Rights Platform, un réseau mondial d’experts et de partenaires réunis pour accroître le respect des droits humains dans les activités liées à l’océan. La plate-forme a été cocréée par le cercle de réflexion et d’action (think and action tank en anglais) de référence internationale IHRB - Institute for Human Rights and Business et la fondation norvégienne pour les droits humains, Rafto foundation for human rights. Pour en savoir plus sur la plate-forme Océan et Droits humains, consultez le site IHRB

 

Océan et droits humains, de quoi parle-t-on ?

Il s’agit de s’intéresser au respect des droits humains en lien avec l'océan, qui  recouvre 2 domaines principaux : 

1- le respect des droits des travailleurs de la mer et sur la mer, marins et pêcheurs. Il porte sur leurs droits au travail, leurs conditions de travail et de vie et les droits élémentaires de l'être humain. Pour ce faire, le respect des droits humains passe aussi par la lutte contre les activités de pêche illégale, le trafic d'êtres humains… 

2- le respect des droits des communautés côtières : étude des impacts de divers projets ou activités sur leurs terres, leurs zones de pêche le cas échéant, les zones littorales type mangroves dont ils tirent leurs moyens de subsistance, etc.

 

L’Ocean and Human Rights Platform travaille activement sur le respect des droits des marins à travers son programme principal, qui réunit de nombreux acteurs et un groupe d’entreprises engagées.

 

Faute de temps pour tout traiter, le panel à l’UNOC 3 s’est concentré sur le respect des droits des communautés littorales et sur la parole de représentants de communautés impactées, partenaires de l’Ocean and Human Rights Plateform :

  • le docteur Jament Johnson, fondateur et directeur exécutif de l’entreprise sociale BlueGreen Coastal Resources, basée dans la province du Kérala en Inde, et Leno Igantius, directeur de leur projet artistique avec et auprès de leurs communautés de pêcheurs ont partagé leurs expériences des projets de ports et des navigations intensives le long de leurs côtes, qui impactent leurs manières de vivre et leurs moyens de subsistance, sans qu’ils soient consultés ni entendus. (En savoir plus : www.bluegreencoast.org ) ; 
  • Nnimmo Bassey, directeur de la fondation Health of Mother Earth, HOMEF, au Nigeria, a témoigné de l’impact des exploitations pétrolières dans le delta du Niger. Au-delà du Nigeria, HOMEF anime un réseau de partenaires à travers l’ensemble de l’Afrique (www.homef.org )

Tous les trois ont témoigné de leur utilisation de l’art pour porter leurs messages, ateliers de peinture pour les pêcheurs créés par BlueGreen Coastal Resources, tradition orale et poèmes pour Nnimmo Bassey.

 

Le fonds Metis utilise le levier artistique pour renforcer l’impact des politiques de développement partout dans le monde, là où l’Agence française de développement (AFD) intervient. Il s’adresse aux artistes locaux et aux institutions artistiques locales qui souhaitent coconstruire un projet de développement avec l’AFD. L’artiste Sithabilé Mlotshwa a présenté ses actions, expositions et œuvres, qui illustrent les effets de la colonisation sur certaines communautés. Elle a en particulier partagé la prise de conscience obtenue auprès du roi des Pays-Bas, après la visite d’une de ses expositions. Le fonds Metis publiait, à l’occasion de l’UNOC, l’Ocean Manifesto, un livre d’art réunissant les œuvres de 100 artistes et un texte-témoignage de chacun d’entre eux en faveur de l’océan. 

Peter Haugan a témoigné de la nécessaire défense du respect des droits humains quand on travaille, comme lui, sur l’océan. 

 

Knowing and Acting retient des échanges dans cette table ronde et plus largement durant l’ensemble de l’UNOC, à travers les positions des orateurs variés, qu’il est essentiel, si l’on souhaite avoir un impact et pousser à l’action, de toucher les émotions des acteurs, décideurs, concitoyens, nous tous. Il ne faut pas se contenter d’en appeler seulement à la rationalité. L’art représente un moyen majeur : à l’instar de la peinture et de la danse, dans les programmes présentés durant le panel, mais également la musique, comme l’a illustré le concert organisé par l’agence Hugo Panonacle à l’opéra de Nice, pendant l’UNOC 3, qui a marqué ceux qui y ont participé.

 

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